Strike Blood - LFV Festival 2022
A l'occasion de Hardkaze 2025, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Strike Blood sur sa carrière artistique mais aussi sur son rôle d'organisateur auprès de Hard Boat.
Pour commencer, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Alors, je m'appelle Marvin, alias Strike blood, j'ai 34 ans et ça fait 15 ans que je fais de la musique accompagné de ma copine et de mon lapin Monsieur Lou !

Commençons par l'essentiel. 5 ans après ta première track, tu es l'anthem maker de Hardkaze cette année. Quel a était ton ressenti lorsqu'on te la annoncé et qu'est ce que représente ce festival pour toi ?
En gros, ce que j'ai ressenti, c'est forcément un peu de pression. Hardkaze, j'ai toujours voulu y mixer et c'est un festival qui fait parti des premiers festivals 100% hard en France avec une direction artistique très proche de ce qui se fait aux Pays-Bas. Donc oui de la pression, de la fierté et surtout l'envie de bien faire parce qu'en face de moi je savais qu'il y aurait un public de connaisseurs. Ca me tenait à cœur de faire un anthem qui ressemble à mon style sans pour autant être trop dans le rawstyle comme j'ai l'habitude de faire, mais un truc qui fasse aussi anthem, qui ai une logique anthem. Ca a été 2 mois de travail intense dessus et je suis content du résultat et Guillaume (fondateur de Hardkaze ndlr) aussi. Je pense que les gens ont bien kiffé. Pour moi Hardkaze ça reste un des plus beau festivals français depuis des années (après Hard Boat) et c'était un honneur d'y jouer.
Ta première track est sortie il y a bientôt 5 ans et depuis tu as pu collaborer avec pleins d'artistes comme MC LIVID. As-tu un artiste avec qui tu aimerais collaborer et pourquoi ?
Aversion forcément ! Parce que Aversion je le suis depuis 2018, et c'est exactement le style que j'aime ! En plus maintenant j'ai une entente amicale avec lui depuis que j'ai mixé à son festival et que je l'ai invité sur mes événements. C'est vraiment le style de raw que j'aime énormément : il y a du kick mais il y aussi de la mélodie, du tempo, de l'âme. Aversion pour moi c'est la personne qui me ressemble le plus.
Justement, tu as récemment eu l'honneur de remporter le concours pour l'évènement d'Aversion “Dare to Dream”, un artiste que tu adore particulièrement. Quel a été ton ressenti lors de cette annonce et comment as tu vécu cette expérience ?
Quand il ma identifié, j'ai pleuré. Après, je suis super fier mais d'un autre côté j'avais du mal à réaliser. Il faut savoir que c'était une mainstage hollandaise donc tout est grand tout est énorme et je me suis vraiment senti petit dessus ! Je me suis dit : “là je suis en train de réaliser mon rêve depuis toujours”. C'est un sentiment incroyable qui restera gravé à jamais pour moi. J'ai déjà mixé a Defqon, sur la purple, la scène des nouveaux talents mais là c'était une scène indoor à l'AFAS d'Amsterdam qui est une salle mythique*. Derrière tu as Phuture Noize qui prend le relais et tu as 5000 personnes devant toi donc oui c'était incroyable.

*L'AFAS a notament accuilli les soirées XQlusiv de Q-Dance, l'événement de Warface Live for This pendant plus de 10 ans, Gat Wack de Frequencerz et tout un tas d'événement des plus grands noms et label de la Hardmusic : Sound Rush, Gearbox, Angerfist, Wildstylez, Scantraxx, …
2024 fut une grosse année pour toi puisque tu as pu te produire dans les soirées de l'autre coté de l'Atlantique au Canada. Peux-tu nous parler de cette soirée “The pirate's Curse” ?
Ce qui était vraiment cool c'était l'accueil des gens qui m'ont booké. Ce sont des expatriés français qui me connaissaient déjà. De jouer sur un autre continent, c'est différent parce que tu sais que c'est le Canada, c'est loin, ce n'est pas le même public et tu sais pas trop à quoi t'attendre. L'accueil était top, les gens étaient top aussi. Ce n'était pas une grosse soirée, on devait être 300 mais c'était une expérience incroyable parce que tu mixes au Canada avec une ambiance intimiste avec un petit côté Etats-Unis. En plus il y'avait mon pote Soulblast avec moi donc je me suis régalé !

Tu t'es également produit à Defqon.1 et Decibel Outdoor cet été, les 2 plus gros festivals Hardmusic du monde. C'est quoi la suite, comment on peut faire encore plus ?
Bonne question ! Faire plus je ne sais pas, dans tous les cas j'essaye de continuer. Quand tu es booké dans ces 2 festivals, tu n'as qu'une envie c'est d'y retourner. Forcément il faut continuer de travailler pour réaliser mes rêves, connaitre d'autres festivals que ce soit aux Pays-Bas mais aussi en France. Par exemple je suis très content de mixer a l'Eskape cet été parce que c'est pour moi le plus gros festival outdoor en Hardmusic aujourd'hui et il parait qu'il y a un show et une scénographie de dingue.
Peux-tu nous parler de tes futurs projets qui arrivent et de ton alter ego Blackblood que nous n'avons pas beaucoup vu cette année ?
Blackblood c'était mon projet x-tra Raw et je l'ai malheureusement arrêté parce que j'ai beaucoup trop de choses à faire avec Hard Boat. Ce n'est pas la seule raison car il y a aussi un problème avec le déguisement. Pour être franc avec vous, j'avais beaucoup trop chaud dedans et je n'y voyais rien dans ce masque. Entre le manque de temps pour m'en occuper et ce déguisement impraticable j'ai décidé d'arrêter.
Cependant sur le plan musical, je suis toujours à fond avec Strike Blood et ça avance bien ! Prochainement il y a la sortie de l'anthem de Hardkaze. Et en exclusivité, le 9 avril, je signe chez Q-dance pour une track. J'ai aussi un projet qui arrive avec Thera Records mais je ne peux pas trop en dire pour le moment.
Récemment ton festival “HardBoat” a fêté ses 2 ans en passant de 250 festivaliers à près de 5000 ! Comment arrives-tu à jongler entre ta carrière artistique et la partie organisation avec Hard Boat?
Je ne dors plus ! J'ai une femme incroyable, qui me supporte dans tous mes projets et j'en suis infiniment reconnaissant car je fait énormément de sacrifice. C'est difficile entre la vie privée, Hard Boat, Strike Blood, … j'essaye de développer un peu tout tout en faisant attention à ne rien bacler. Hard Boat, de base, c'était juste pour le délire de faire une soirée dans un bateau et aujourd'hui c'est devenu ce que c'est devenu ! Je suis limite plus avec une entreprise qui est en train de se créer naturellement dans mes bras que sur une association.
Donc ce n'est pas toujours facile, c'est beaucoup d'heures et les gens ne voient pas tout mais ce qui fais que je tiens, c'est la passion ! Je pense que c'est un peu comme vous, tu as un travail la semaine mais quand tu passes en mode ElectroWorld, tu ne comptes pas tes heures pour offrir le meilleur aux gens qui te suivent et te soutiennent. En fait tu as l'impression de ne pas travailler. Ce que je dis souvent : “si je faisais ça pour l'argent, j'aurais arrêté depuis un moment parce que ce n'est pas rentable…” tant sur le plan des sacrifices et des heures d'investissements passées pour seulement quelques heures de fête que sur le risque pour notre santé avec la fatigue accumulée et tous les risques qui s'en suivent.

Après avoir rempli le Double Mixte avec 2 scènes et 5000 personnes, vous invitez BKJN au Wë Event Area dans quelques semaines pour le plus gros event Uptempo de France et en octobre vous déménagez au parc des expositions de Villefranche pour une nouvelle édition record avec plus de 35 guests ! Est ce que vous vous posez des limites avec HardBoat ou vous allez au bout de vos rêves quitte à tout perdre ?
Après l'édition que l'on prépare à Villefranche, ca va être compliqué de faire mieux pour être honnête ! Vous allez voir lundi 3 mars mais vous n'allez pas y croire ! Evidemment il y a toujours possibilité de faire mieux mais l'avantage du parc des expos comparé au Double Mixte, c'est qu'il y aura de la hauteur sous plafond. Le double Mixte c'était top pour se lancer dans un événement de grande ampleur mais il n'y avait pas trop de hauteur et on était limité sur la scénographie. Je vais essayer de réussir le parc des expos et après on verra pour la suite mais on aura surement besoin d'un petit peu de repos avant de relancer quelque chose derrière. Je vous promets que vous allez vriller pour cette édition de Hard Boat*.

Concernant la soirée BKJN au Wë Event Area, je vous annonce que ce sera notre dernier événement dans ce lieu. J'arrête parce que pour moi Hard Boat n'a plus rien à faire dans l'ex-Titan car nous sommes désormais un festival à part entière. Nous sommes en très bon termes avec les gérants de ce lieu et je les remercie énormément car ça m'a mit le pied à l'étrier et ça m'a permis de faire évoluer mon projet après la fermeture du bateau Bellona !

*Hard Boat a annoncé les premiers guests et toutes notre équipe à en effet vrillé en découvrant les noms. On vous laisse saliver à votre tour : D-Block & S-te-Fan, Radical Redemption, Korsakoff, Adrenalize, Partyraiser, The Viper vs Panic, Dimitri K. vs Pinotello, The Dark Horror vs STV, Warface et Mish vs Bloodlust. Il reste donc une vingtaine de guest a annoncer encore !
Peut-être l'as tu remarqué ; aujourd'hui les réseaux sociaux ont une place importante dans le monde de la musique et notamment sur la percée de certains artistes. Que penses-tu de toutes ces arrivées d'artistes grâce à TikTok et les autres plateformes ?
Il faut vivre avec son temps comme je dis ! Même si moi je ne suis pas dans cette ère de TikTok ou autre, c'est comme ça et on ne peut pas dénigrer les gens qui réussissent grâce aux réseaux car maintenant ça marche comme ça. Moi je préfère me baser sur ce que je fais en musique et mes productions. Quand je suis allé à l'ADE (Amsterdam Dance Event) j'ai assisté à une conférence de Hardwell où il disait : “Travailles d'abord tes réseaux et après ta production parce que c'est grâce à tes réseaux que tu feras monter ta production.” Si Hardwell sort ça sur l'événement le plus important du monde dans le milieu de la musique électronique, alors que lui c'est un producteur pure souche, c'est qu'il y a un vrai tournant dans le milieu ces derniers temps.
Aujourd'hui tu fais des vidéos fun, tu fais des vues, tu sors une track et bien ça va marcher ! Les gens vont forcément s'y intéresser. Fais des track, fais que des vidéos pros, carrées et il y a peu de chance que ça marche. Moi j'ai du mal avec ça, avec le fait qu'on ne récompense plus toutes ces heures de travail et passées en studio, mais je respecte totalement ceux qui arrivent à lancer leur carrière de cette manière. C'est notamment le chemin qu'a choisi RDØ et aujourd'hui il tourne beaucoup et un peu en précurseur de cette nouvelle méthode tu as K-Style qui a initié ce mouvement il y a plusieurs années. Petit à petit il a arrêté ses vidéos et sa partie “influenceur” pour se focus à 100% sur son projet musical. Aujourd'hui il tourne partout, il a beaucoup de contact de renom et il a un projet musical qui lui permet d'en vivre.
As-tu une anecdote qui t'es arrivé sur scène ou lors d'un booking sur un event ?
Je n'ai jamais eu vraiment d'anecdote a part être tombé de la scène dans la fosse. J'e vous rassure, j'ai réussi a remonter et sans me blesser !
Pour finir, as-tu un dernier mot a dire à nos abonnés ?
Qu'ils continuent à vous suivre ! J'espère qu'ils vous suivront jusqu'au bout car même moi en tant qu'orga j'ai besoin de vous, du relais qu'on a et de la publicité gratuite que vous pouvez nous faire. C'est important de suivre les médias comme le vôtre et d'être reconnaissant de ce que vous faites parce que vous offrez de l'actualité gratuite et ça se fait de moins en moins. Il faut que les gens soutiennent les médias car les médias ont besoin des festivals pour alimenter leurs pages et leurs contenus mais les festivals ont aussi besoin des médias pour faire la promotion de leurs événement. Si l'un disparait, les 2 disparaissent à terme.
Un grand merci à Strike Blood pour cette interview sur ses 2 casquettes d'artistes et d'organisateur. N'hésitez pas à aller suivre son projet musical Strike Blood sur Facebook et Instagram ainsi que son festival Hard Boat sur Facebook et Instagram pour ne pas louper les prochaines annonces d'artistes qui auront lieu durant tout le mois de mars.